vendredi 20 juin 2008

Matinée de rencontre :« Evidence de la gauche »

La matinée de rencontre organisée par le groupe « Evidence de la gauche » autour du texte manifeste et de la carte blanche, qui avaient été envoyés préalablement à chacune des personnes invitées, s'est déroulée ce samedi 14 juin durant la matinée à la FGTB de Liège.


En tout, quelque 75 personnes y ont participé, et plusieurs autres, qui s’excusaient de leur indisponibilité pour le 14/06, ont manifesté leur intérêt pour nos travaux et un souhait d’être tenus au courant de nos prochaines activités. Vous trouverez en annexe la synthèse de la rencontre du samedi 14 juin, ainsi que les documents (manifeste et carte blanche) sur lesquels était basée cette réunion.

La prochaine rencontre aura lieu le samedi 27 septembre de 9h30 à 12h30 à la FGTB de Liège, Place Saint-Paul. Elle aura pour objet la définition de lignes d'action communes et/ou complémentaires sur les questions fédératrices telles que la fiscalité, la réduction collective du temps de travail, la défense des services publics, la gratuité des transports en commun...

mercredi 4 juin 2008

L’appel : "Evidence de la Gauche"

Le Collectif « Evidence de la Gauche » vous invite
Le samedi 14 juin 2008 de 9h30 à 12h30

Au siège régional de la FGTB, place Saint-Paul n° 9-11, Liège
Pour vous présenter l’état actuel de sa réflexion en matière de régénération de la gauche, en débattre avec vous et déterminer avec vous les actions à venir.

Contexte
Le 10 juin 2007, les partis socialistes francophone et néérlandophone ont vécu une réelle défaite aux élections législatives belges, devant ainsi laisser la main aux familles libérales et chrétiennes pour former le gouvernement de notre pays. La progression des partis écologistes n’a pas permis de compenser le recul des scores du PS et du SPa-Spirit.
Un peu partout en Europe, les forces politiques de gauche connaissent le même type de déboires. La victoire récente de Berlusconi en constitue l’exemple le plus récent.
Le discours populiste de droite fait de plus en plus mouche auprès de nos concitoyens. Ceux-ci se voient séduits par des solutions simplistes centrées sur la satisfaction de désirs individuels dans des délais rapides. Baisse des impôts, renforcement de la valeur travail, immigration choisie, autonomisation croissante des régions, … Autant d’idées qui séduisent l’individu en quête d’un mieux-être hypothétique mais qui détricotent peu à peu notre système de protection sociale.
La droite séduit désormais une part non négligeable de l’électorat traditionnellement acquis à la gauche.

Face à cette lame de fond, les forces de gauche paraissent plus divisées que jamais. Syndicats, partis, associations, militants et sympathisants ne partagent plus ce socle commun de valeurs leur permettant de s’unir pour faire face à l’adversité.

Il fallait réagir.

Un groupe de chercheurs, de militants des partis, du syndicat, de la mutualité, du réseau associatif de gauche s’est constitué pour analyser les causes du recul de la gauche avec la volonté de ne pas se censurer.

Plusieurs rencontres ont déjà permis de dégager certaines lignes de force que l’on pourrait synthétiser comme suit :
On a besoin d’une gauche en Wallonie et en Europe ;On a besoin d’une gauche sensible aux injustices sociales ;Il faut une gauche créative et ouverte sur le monde ;Il faut une gauche immergée dans la société ;Il faut une gauche qui défende des idées.
Le fruit de cette réflexion fait déjà l’objet d’un texte de synthèse. Par ailleurs, une carte blanche a été proposée à la presse tout récemment. D’autres actions sont encore en gestation.
Le temps est venu pour ce groupe de s’élargir pour rassembler plus encore tous ceux qui pensent que la droite, c’est l’égoïsme, et la gauche, c’est l’union des autres qui s’impose comme une évidence.

Programme
9h30 : Accueil
10h : Introduction et présentation du groupe et de ses travaux
10h20 : Explication des principaux points abordés dans le texte
11h10 : Débat, propositions d’action
12h10 : Conclusions et perspectives
12h30 : Fin des travaux

Pour plus de facilités dans l’organisation de cette rencontre, nous vous demandons de bien vouloir confirmer votre inscription par e-mail à alice.minette@fgtb.be ou par téléphone au 04/221.95.86.

Le collectif « Evidence de la gauche »

La carte blanche: "Evidence de la gauche"

Au moment où partout en Europe la gauche recule, où ses idéaux d’égalité et de solidarité sont battus en brèche, proclamer l’évidence de la gauche semble relever du paradoxe.

Et Pourtant.

Nous pensons que la gauche est la seule réponse au mal-être impulsé par une économie toupie qui tourne sur elle-même sans se soucier des ravages qu’elle produit.
Nous, les nombreux, qui n’avons pas les moyens de fuir la ville lorsqu’elle est polluée ni de suivre l’entreprise lorsqu’elle se délocalise.
Nous, les nombreux, qui désormais devons choisir entre se loger, se déplacer, se soigner ou se nourrir.
Nous, les nombreux, qui voulons pour nos enfants un monde partagé et pas la jungle du chacun pour soi.
Oui, pour nous, la gauche est une évidence.

C’est quoi, la gauche ?

C’est ce désir de civilisation qui veut rétablir du lien là où dominent aujourd’hui l’égoïsme des uns et la solitude des autres.

C’est la volonté commune et ses lois, dressées contre les lois du marché, c’est-à-dire celles de quelques-uns. Non par dogmatisme - il n’y a aujourd’hui d’autre dogme économique que celui de l’inéluctable libre commerce -, mais par l’obturation de la réalité.
Reprendre contact avec le réel, celui de la majorité des gens qui vivent en Europe, voilà ce que nous appelons l’évidence de la gauche.

Nous ne demandons pas mieux que de « saisir les opportunités », nous sommes en toutes circonstances du côté du progrès, de l’innovation, mais toujours avec en tête une société où les opportunités des uns ne soient pas seulement les échecs des autres.
Depuis quelques temps, il est de bon ton de parler de choc des civilisations. Nous pensons que le seul choc des civilisations qui compte est celui qui oppose la civilisation tout court contre l’avènement de la barbarie tout court. Cette barbarie a un nom et un visage : celui du capitalisme sauvage.

Nous voulons une gauche sensible aux inégalités sociales.

La gauche ! Elle murmure à l’oreille de tous, non pas quelques mots de charité mais bien ces paroles fortes qui disent les droits, la dignité, le respect, que chaque femme et chaque homme place au cœur de sa condition.
Nous voulons affirmer que le premier devoir de la gauche est de partager et d’étendre les droits de tous, en particulier celui de se penser un avenir.
Quel avenir a-t-on lorsque frappe la crise des prix du chauffage et des produits de première nécessité ?

La solidarité collective n’est pas un « luxe » qu’on concède seulement lorsque l’économie va bien. Elle est au contraire la condition même pour favoriser l’émergence d’individus actifs et entreprenants. Sans solidarité pas d’audace possible, sans un minimum de garantie, pas de créativité, pas d’innovation. Sans présent, pas d’avenir.

Voilà pourquoi la gauche est indispensable, parce qu’elle se soucie de tous, y compris des plus fragiles et qu’ainsi elle fait la richesse de demain.
Jamais la richesse ne naît de la pauvreté du voisin, c’est pourquoi la gauche doit oser être la force du faible et redevenir une exigence de justice.

Nous voulons une gauche créative et ouverte au monde

Redevenir une exigence, cela veut dire ne pas se satisfaire d’un glorieux passé. Même si nous savons que bien des conquêtes engrangées par le mouvement ouvrier sont notre héritage, celui-ci nous appartient, et notre devoir de fidélité est de relancer cet héritage. Nous ne pouvons nous satisfaire de protéger « nos » travailleurs contre ceux du reste du monde, les situations acquises contre ceux qui réclament leur part de soleil (femmes, jeunes, immigrés, …).

Non ! Il faut innover, prendre les risques de s’exposer au monde, de procéder aux arbitrages indispensables à la reconstruction d’une solidarité sociale étendue à tous. Là où la droite édifie des murs et des ghettos, la gauche doit ouvrir des passages, préparer les compromis entre les cultures, les groupes sociaux, les générations.

Nous ne pouvons penser dans un corset, il faut agir local et penser global, ainsi nous entendrons le bruit du monde et nous poserons les conditions d’une société qui restera vivable pour nos enfants. Qui restera.

C’est un vrai défi, il exige de l’imagination avant toute chose.

Nous voulons une gauche immergée dans la société.

La gauche est régulièrement majoritaire dans les collectivités locales, ce n’est pas un hasard. C’est surtout un espoir. Le niveau local est singulièrement celui des villes, et celui où s’incarnent le plus les difficultés concrètes de la vie quotidienne. Mais c’est aussi celui où se trouvent les ressources pour le changement. La gauche doit s’appuyer sur sa position forte au cœur du monde urbain pour rétablir puis développer l’écoute des acteurs sociaux, des syndicats, des mutuelles, des mouvements citoyens qui sont autant d’expressions, de préoccupations, de cris de la population.

Dans ces espaces de vie, la parole doit surgir, se libérer, et ouvrir la voie à une véritable culture de participation. La gauche ici doit résister à la tentation d’une démagogie localiste pour y substituer un authentique souci d’éducation populaire, c’est-à-dire de démocratie vécue.
Une base sociale réelle appelle des citoyens, pas des clients.

Nous voulons une gauche qui défende des idées.

La gauche ne peut confiner son expression politique au seul désir d’occupation du « pouvoir ». Le seul pouvoir qui compte n’est pas celui que l’on « occupe » ou « conquiert » mais celui qui transforme la vie des gens. Pour cela, il doit s’appuyer sur des idées.
Nos valeurs de liberté, de solidarité, d’égalité font signe en direction du monde que nous voulons, contre l’idée que tout est joué, « qu’il faut bien », que rien n’est vraiment possible ; elles soutiennent notre volonté farouche d’affirmer au cœur de nos vies un vivre ensemble bien proche de ce qu’on appelle communément le bonheur.

En définitive, c’est peut-être parce qu’elle avait déjà perdu hier dans les têtes que la gauche a perdu aujourd’hui dans les urnes, et dans la rue.

Nous, les nombreux, nous avons la gauche en tête, et la tête dure.


Signataires : « Evidence de la gauche », un collectif liégeois de citoyens engagés.

Hassan BOUSETTA, Majo HANSOTTE, Angelo ANTOLE, Marc JACQUEMAIN, Jean-Pierre HUPKENS, Jean-François RAMQUET, Jean-Marc BOURDOUXHE, Geoffrey FRANCOIS, Thierry BASOMBOLI, Myriam SOMMER, Marie-Jeanne OMARI, Jérôme JAMIN, Liliane BAUDART, Alice MINETTE, Guillaume KERKHOFS, Véronique DE KEYSER, Pierre HELDENBERGH, Stéphanie ARDU, Laurent REA FUENTE, Dominique DAUBY, Mehmet AYDOGDU, Jean-Paul BONJEAU

Le manifeste: « Evidence de la gauche » (avril 2008)

Introduction

Le monde dans lequel nous vivons (et où beaucoup d’entre nous survivent) est animé par la quête du profit devenue planétaire et « agréablement » dénuée de tout tabou. Nous sommes passés, parfois à notre insu, de l’état de citoyens à celui de consommateurs. Nous sommes passés, parfois volontairement, parfois en complices passifs ou désabusés, de l’état de citoyens soucieux du bien être collectif à l’état de consommateurs plus ou moins soucieux de notre bien être personnel. En définitive, seule notre capacité à ingurgiter, moyennant monnaie battante ou prêts plombants, est considérée comme un indicateur valide de notre droit à habiter la société. Et qu’on le veuille ou non, la plupart d’entre nous sommes complices de cet état de fait.

Qui se préoccupe de l’absurdité de ce système ? Un univers où l’eau minérale importée - d’Italie, par exemple - dans nos restaurants coûte plus cher en frais de transport qu’en coûts de production, où les paillettes d’une parade hyper consumériste attirent littéralement dix fois plus de monde qu’une manifestation citoyenne pour le droit à une vie décente, où des politiciens de gauche approuvent des politiques de « contrôle » des chômeurs tout en reconnaissant des intérêts notionnels pour les entreprises, déjà favorisées par ailleurs par une concurrence fiscale effrénée. Qui se préoccupe de l’absurdité de ce système ?

La fragmentation de la société dans laquelle nous évoluons constitue à notre sens un des grands dangers de notre époque. Elle se matérialise dans la déconnexion des différents espaces de vie des citoyens, dans l’atomisation des uns et des autres (citoyens, individus, classes, groupes, etc.), mais aussi dans le renfermement de certains groupes autour de crispations identitaires néfastes pour la citoyenneté et la convivialité. Les espaces d’expression, de travail, de loisirs, et de communication en général, se voient réduits de plus en plus à l’état de « miettes », et les personnes qui y évoluent ne se reconnaissent plus dans un projet collectif. On évolue chacun comme des consommateurs hébétés et perdus dans un bateau immense qui semble livré à lui-même.

Ce système, quel que soit le nom qu’on lui donne, et quelle que soit notre responsabilité dans sa « réussite », participe à l’aliénation d’une majeure partie de la planète, une aliénation psychologique (stress, dépressions, …) et, de plus en plus, physique (précarité, pauvreté, maladie, etc.). L’élargissement au niveau mondial des politiques de libéralisation des marchés implique une paupérisation aggravée des populations de pays dont l’économie devient dépendante des aléas boursiers internationaux, sans avoir les moyens de se protéger économiquement ; les politiques commerciales menées actuellement par nos pays occidentaux – basées sur le libre-échange économique, tels les Accords de Partenariat Economique avec les pays ACP) - participent souvent à l’imposition d’un modèle unique basé sur la dépendance (de l’importation, des fonds de coopération, du micro-crédit…). En voulant calquer un système qui, chez nous, a connu son essor grâce à un protectionnisme économique sévère, nos Etats articulent schizophréniquement l’obligation morale d’aider les pays du Sud et la nécessité qu’a le système qu’ils imposent d’en exploiter les ressources et la main d’œuvre. En reproduisant (via les politiques d’aide au développement) les conditions d’exploitation de ces pays, et tout en finançant, au même titre, les centres fermés, les retours forcés et l’étanchéité des frontières européennes pour contrer les « flux migratoires » directement issus de cette exploitation, nos Etats nagent en pleine contradiction. Ce n’est pas un scoop, tout le monde en est parfaitement conscient et depuis déjà longtemps.

Au sein même de notre pays, réputé pour son système de sécurité sociale efficace et son niveau de vie « élevé », l’inaccessibilité à un logement décent vécue par de plus en plus de personnes, l’impossibilité de se déplacer vers un lieu de travail ou vers un organisme administratif, le choix de plus en plus fréquent que se voit obligée de faire une partie grandissante de la population entre manger correctement et se soigner ou se chauffer, l’inégalité grandissante qui se creuse au sein même du monde du travail sont autant d’indicateurs des failles d’un système que beaucoup prétendent « naturel » (17 % des Belges vivent en-dessous du seuil de pauvreté !). Il ne s’agit pas ici de dramatiser ou de sombrer dans un misérabilisme facile. L’étirement progressif de la pyramide sociale n’étant pas accompagné d’une juste redistribution des richesses, les classes les plus pauvres et maintenant une partie de la classe moyenne voient leur qualité de vie diminuer. Ce fait est réel, concret, indiscutable. En effet, s’il est à présent possible d’acheter un lecteur MP3 très bon marché ou un écran plasma à crédit, cela ne se traduit pas pour autant par une diminution du stress, de la tendance à la dépression, de la pollution environnementale, etc.

Sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, on peut relever plusieurs facteurs à l’origine de ce recul en termes de bien-être dans notre société. Et la situation économique et sociale en région liégeoise n’échappe pas aux conséquences d’une société duale.

Il y a la diminution du « pouvoir d’achat » et la multiplication des possibilités de consommer à crédit qui créent une spirale de laquelle il est souvent difficile de s’extraire.
Il y a la montée en nombre et en puissance des contrats précaires, de la flexibilité intérimaire et des réductions en termes de protections sociales des travailleurs et des chômeurs. Un phénomène grave qui entraîne par ailleurs une désolidarisation des travailleurs entre eux.
Il y a l’impact des politiques et discours de droite qui alimentent des tendances sécuritaires, xénophobes, non solidaires (ex : les politiques qui rendent coupables d’une situation globale, aux yeux du public, ceux qui subissent l’humiliation et l’exploitation au mépris des véritables causes de cette misère grandissante).
Il y a l’échec de politiques de libéralisation, comme celle de l’énergie, qui a donné lieu à une situation à plusieurs vitesses qui fait à présent l’objet de tentatives de réparations « par à-coups » des dégâts sociaux qu’elle provoque.
Il y a la dévalorisation des services publics – notamment via la dévalorisation de l’impôt - et de leur rôle fondamental dans le maintien d’une société juste et solidaire. Il y a enfin la perte de substance des discours et politiques de gauche, qui face à la droite n’affirment pas de démarche proactive et centrée sur des valeurs clairement réaffirmées.


Tous ces facteurs sont à l’origine du recul décrit plus haut en termes de bien-être dans notre société. Tous ces facteurs se manifestent au moment où l’Europe s’enlise, avec l’ensemble de la planète, dans un cercle vicieux insensé n’ayant pour force de mouvement que la perspective d’effectuer des bénéfices financiers. Ces facteurs se manifestent au moment où les partis de gauche, en perte d’élan et de courage, se laissent souvent entraîner dans une argumentation et une légifération favorables aux politiques de droite.

Nous vivons, côtoyons et ressentons au jour-le-jour les conséquences de ce non-sens et nous ne trouvons plus, au sein du monde politique en tout cas, d’élan alternatif où nous pourrions puiser l’inspiration vers une autre façon d’envisager la vie au quotidien, le rapport aux autres et aux choses. La suture des « espaces » explosés (individus, groupes, etc.), via leur articulation, constitue un terrain incontournable de lutte pour un renouvellement des idées et valeurs progressistes. Cette relance de la solidarité autour de projets collectifs peut, à notre sens, constituer l’élan alternatif dont la Gauche a cruellement besoin.



La gauche s’enlise

Lors des élections de juin 2007, le parti socialiste a vécu un lourd revers tant au Nord qu’au Sud du pays. En termes parlementaires, les partis de gauche ont perdu plusieurs sièges : le PS est passé, de 2003 à 2007, de 25 à 20 sièges à la Chambre et de 12 à 8 sièges au Sénat. Le SPA-Spirit, lui, a fondu de 25 à 14 sièges à la Chambre et de 12 à 7 sièges au Sénat. Si Ecolo, par contre, a récupéré un certain nombre de voix par rapport à sa défaite de 2003, passant de 2 à 5 sièges au Sénat et de 4 à 8 sièges à la Chambre, on voit que la somme de ces 2 partis maintient un solde négatif en défaveur des partis dits de gauche. Dans le même élan, Groen a gagné 2 sièges au Sénat et 4 à la Chambre, soit beaucoup moins que la perte du Spa.

Toutes les voix du PS ne se sont donc sans doute pas perdues en faveur des partis de droite (ou n’y adhèrent pas en totalité), mais en Wallonie comme dans le reste du monde, l’affaiblissement des idées et des partis progressistes est réel, et ces changements électoraux ont mis en lumière la faiblesse de l’attachement aux fondamentaux qui constituent un choix électoral à gauche. Aujourd’hui, l’évolution des caractéristiques et des préoccupations de la population, ajoutée au manque de ressort consécutif à un échec électoral et au manque de militants et de cadres ayant une vision à long terme, rendent difficile l’expression, et encore plus l’actualisation d’un projet de gauche. Mais en dehors des grands discours, c’est quoi concrètement être de gauche ?

Etre de gauche, c’est privilégier avant tout la solidarité à l’égoïsme.

Cette phrase n’est pas une vue de l’esprit ! Elle veut dire que les gens de gauche considèrent que tous les citoyens sont dans le même bateau et qu’à ce titre notre intérêt individuel dépend de l’intérêt collectif. A l’inverse de la charité, la solidarité permet la reconnaissance d’une appartenance à un même contexte ; cette reconnaissance mène à constater que nous sommes tous concernés et qu’il est possible qu’un jour nous ayons besoin de nos concitoyens pour ensemble, faire valoir nos droits. La solidarité, contrairement à « la charité vis-à-vis du brave », c’est la redistribution des richesses, c’est l’impôt, c’est-à-dire l’idée selon laquelle nous sommes tous dépendants de l’intérêt collectif.

Etre de gauche, c’est aussi s’organiser pour combattre les inégalités sociales, culturelles, de genre, économiques, environnementales.

Et ici, il faut dire que la gauche politique ne sait plus trop ce qu’elle est, ni où elle est. Envahie par la gestion au quotidien, elle manque de militants et de cadres capables de se resituer globalement dans des perspectives de long terme. Par ailleurs, le manque d’écoute et d’empathie aux idées des acteurs sociaux éloigne la gauche de ses racines. Pire, on observe qu’une partie du mouvement socialiste est tentée par des idées de droite, tandis qu’une autre ne produit pas les arguments pour dénoncer ces dernières. La campagne française de Nicolas Sarkozy du « travailler plus pour gagner plus » ou la litanie d’un Didier Reynders sur la réduction des impôts connaissent en effet trop peu de contestation de la part des partis de gauche. La communication de la droite francophone a donc réussi à convaincre que la réduction d’impôts était nécessaire même pour ceux qui n’ont pas les moyens d’en payer.

Avec ce qui précède, on comprend que les rapports que la gauche entretient avec les citoyens sont beaucoup moins clairs. Les discours politiques tant de droite que de gauche se rejoignent au niveau économique sur la tendance au libéralisme (clairement affichée d’un côté, très peu démentie de l’autre) et la différence d’impact s’établit entre, d’une part, l’affirmation claire et précise d’un projet néo-libéral - et donc, antisocial - habilement enrobé de mots creux et/ou d’un certain populisme, quand il ne s’agit pas « tout simplement » d’un discours profondément discriminatoire voire raciste dans le chef des partis flamands, et d’autre part, à gauche, d’un discours flou, sans réel contenu et soutenant de très faibles revendications face aux offensives de la droite.

Ce manque de revendications claires et l’absence d’un projet politique basé sur la défense de valeurs progressistes et de justice sociale crée une fracture au sein de la société, dont la faille la plus visible s’observe au sein du monde du travail. L’absence de discours audibles et l’absence de mise en œuvre de ces discours de la part des partis de gauche fait qu’un nombre grandissant de travailleurs ne s’y reconnaît plus, et se laisse séduire par les arguments simples et provocateurs de la droite. Cette dispersion de l’électorat au sein du monde du travail est accompagnée de la disparition d’une identification commune autour de valeurs. Jointe à la précarisation grandissante du travail, le déclin des valeurs provoque une privatisation des rapports, une désolidarisation des travailleurs entre eux, une fragmentation grandissante des espaces de vie et donc des espaces d’expression de ces travailleurs. On assiste à l’effritement d’une identification commune dont le socle pour l’électorat de gauche était la solidarité.

La gauche gagnera si elle peut s’articuler sur un ou des partis politiques qui abordent les réalités quotidiennes et les changements de société à travers quatre axes intégrés et complémentaires : une base sociale, un projet politique, une pratique de gestion publique et une pratique éducative.

Faiblesse de la réponse face à cet enlisement
Une nécessité : réaffirmer, réactualiser, voire reconstruire le projet de gauche !

La faiblesse de la réponse à l’enlisement de la gauche, dont nous avons déjà effleuré les causes ci-dessus, peut s’expliquer par plusieurs facteurs.

Il y a bien entendu la difficulté de lutter à armes égales contre une société égoïste conditionnée par les médias de masse et par la consommation qui amortit les engagements. Les médias et la consommation intègrent tout un chacun dans le processus à l’œuvre, ils nous rendent presque acteurs du système que nous cherchons précisément à dénoncer.
Entre autres facteurs, il y a aussi l’influence sur une génération entière d’une logique et d’une pratique de compromis qui a littéralement émoussé la capacité à produire des alternatives politiques.
Enfin, il y a l’absence de parcours social et de formation chez de trop nombreux élus ou décideurs de gauche. Ils sont de plus en plus en décalage avec l’espace public et les luttes sociales.

Aujourd’hui, plus que jamais, alors que les inégalités se creusent et que les longs mois de crise gouvernementale n’ont pas accru la confiance des citoyens dans le monde politique et les institutions, il est nécessaire de réaffirmer le rôle de l’action politique et de son articulation en quatre dimensions.


La base sociale

La base de la gauche rassemble ceux qui vivent des fruits de leur travail (salariés, petits indépendants) et les allocataires sociaux, et surtout ceux, nombreux parmi ces catégories, qui sont fragilisés au quotidien par les exigences de profit, d’employabilité ou les exigences budgétaires.

Un parti de gauche est un parti de la solidarité et celle-ci, par définition, s’adresse aux plus fragiles, mais aussi à tous les autres. Cela ne l’empêche pas de devoir élargir autant que possible sa base sociale notamment lorsque la fragilisation de l’emploi et des conditions de travail s’étend comme une flaque de pétrole.


Un projet politique

Un projet politique est une vision spécifique de la société qui s’articule sur un certain nombre de valeurs et d’analyses. Nous adhérons pour notre part à la nécessité de construire l’alliance gagnante entre la « gauche sociale » et la « gauche morale ». La première est constituée d’un électorat qui désire plus d’égalité et de solidarité. La seconde veut favoriser le développement des libertés et de l’autonomie individuelle. Force est de constater que la gauche gagne et convainc lorsque ces deux courants, leurs idées et les personnalités qui les portent, s’allient et innovent en bonne complémentarité.

Ce projet politique qui s'articule sur la gauche sociale et la gauche morale doit être instruit et exprimé avec clarté. Il permettra de contribuer à résoudre les incohérences respectives entre gauche sociale et pratique sociale, d'une part, gauche morale et moralisation des pratiques, d'autre part." Enfin, ce projet politique doit être porté par tous, membres, militants, cadres de la structure et élus, afin d’éviter que s’installe un partage inéquitable entre appareil de gestion et base dissolue.


Une pratique de gestion publique

La base sociale et le projet politique ne peuvent être défendus qu’à travers une prise de responsabilité dans la gestion publique. Cela nécessite une capacité à transformer les projets en réalisations, à maîtriser les rapports de force afin de mettre en oeuvre ces réalisations, bref, à conclure des compromis.

Néanmoins le compromis ne trouve sa pleine dynamique que s’il désigne un objectif inscrit parfois hors de la situation qu’il traite. Il faut donc veiller à ce que jamais le compromis ne s’effondre en acceptation pure et simple.

L’équilibre entre saine gestion et idéologie doit être trouvé pour ne pas tomber dans l’excès de l’une ou de l’autre. En effet, des projets généreux que l’on ne peut en définitive mener à bien sont contre-productifs, et des départements ministériels ou des villes incontestablement bien gérés mais pratiquant des politiques de droite le sont tout autant. Pour ces raisons, il faut veiller à ce que les règles d’attribution et l’exercice des fonctions politiques au sein des formations politiques de gauche soient strictement appliquées. Nous condamnons en particulier les dérives telles que le cumul des mandats, le clientélisme, et autres pratiques assimilées.


Une pratique éducative

Un dernier aspect essentiel est que le parti contribue à sensibiliser et former des citoyens, ainsi qu’à les outiller pour intervenir dans l’espace public. Faute de quoi, les trois premiers aspects peuvent parfaitement se traduire par une pratique technicienne qui peu à peu se coupe du quotidien et n’est plus appropriée par les citoyens. L’adhésion de cette base sociale à un projet politique clair et mis en œuvre de manière visible et partagée est fondamentale. C’est la raison pour laquelle les partis politiques ont des militants et des électeurs, la dimension essentielle de l’action politique étant de contribuer à intégrer les citoyens par la formation politique et ce, de préférence, via une philosophie d’éducation populaire en lieu et place de l’endoctrinement par les slogans, la « peoplisation » et les publi-reportages.


Nous sommes convaincus que ces quatre dimensions sont la clef de voûte de la réaffirmation d’un projet de gauche. Les faits nous ont déjà donné raison : c’est le désinvestissement de ces quatre articulations qui a fait perdre le fil rouge.


La (re)prise en considération des problématiques de terrain par les politiques

Ce qui fait la validité et la légitimité d’une démocratie, c’est d’abord la qualité et l’intensité de son espace public. En d’autres mots, c’est la manière dont les citoyens contrôlent en permanence les mandats et les politiques publiques, c’est la façon avec laquelle ils résistent aux violences économiques et sociales et aux injustices, c’est la vivacité avec laquelle ils dénoncent, imaginent et revendiquent. Autrement dit, ces associations, acteurs de terrain, citoyens engagés, syndicalistes, font de la politique au sens premier du terme (à savoir l’engagement pour la cité commune et l’intérêt général), à ne pas confondre avec la politique au sens second (à savoir la gestion d’un Etat).

Le manque d’écoute entre les acteurs de ces deux pôles est flagrant et révélateur d’une fracture profonde. Elle est ressentie par de nombreux intervenants sociaux et exprimée par des associations d’éducation permanente qui constatent que le travail mené est non accueilli, non écouté voire non réellement respecté par les responsables politiques. Ce travail est mené parfois durant des mois, voire des années, auprès de groupes de femmes précarisées, de travailleurs sans emploi ou de migrants, ce travail aboutit à des expressions et des propositions de changements et souvent, il n’est pas écouté! Le contraste est dès lors saisissant lorsqu’en période électorale, les élus de tous bords et de toutes confessions sillonnent les maisons de quartier, les mosquées, les centres sportifs et culturels.

Les acteurs de terrain créent le lien social et l’articulation entre les décisions politiques et le public visé directement ou indirectement par celles-ci. Travaillant dans des conditions budgétaires souvent difficiles, le manque d’écoute de leurs besoins et leurs analyses génère souvent un sentiment légitime de fragilité. Il est donc nécessaire de recréer une articulation forte entre ce qu’apportent les acteurs de terrain et le monde politique, en s’opposant à une tendance de perversion de leur action vers un contrôle social ou vers une action de « sauve qui peut », et en légitimant au contraire l’action d’expertise, d’échange et de relai. C’est un chemin plus long, plus difficile, mais plus durable pour une politique de gauche.


Comment "suturer" les différents espaces d'expression et d'action[1] ?

Les pistes potentielles sont dans l’éducation populaire, à travers les quatre dimensions de base d’un parti politique telles que décrites ci-dessus.

A travers l’éducation populaire, les différents milieux qui constituent la base sociale mettent en place un ensemble de « processus conflictuels, actifs et offensifs, centrés sur la conquête d’une égalité d’existence, à travers l’invention d’une culture et d’un projet politique, liés à un ensemble de luttes, pour définir une vision de la gestion de l’État, une vision de la vie quotidienne, une vision de la justice sociale […]. Mobiliser cette base sociale et lui donner accès à l’analyse des situations vécues, à la construction d’une intelligence collective permettent d’en faire des partenaires actifs et offensifs dans la définition du projet politique d’un parti. »

Les projets politiques de la gauche doivent être formulés et articulés à partir des actions mises en avant par les citoyens, en prenant en compte les propositions, actions, revendications de celle-ci sans en cloisonner ses composantes. Il s’agit de favoriser non seulement un rapprochement des différents milieux avec la scène politique, mais également de ces « mondes » entre eux (l’enjeu est de faire en sorte que les sans-papiers soient tout autant pris en compte que les chômeurs, les travailleurs pauvres que les femmes au foyer, la classe moyenne que les minimexés).

Cette reconnaissance d’un intérêt commun à travers la formulation, l’énonciation et l’explication d’un projet politique provenant des intérêts et préoccupations des citoyens, renforcera la communication entre des mondes et milieux dont les cloisons sont trop souvent opaques et (re)créera un phénomène de solidarité intersectorielle – intergénérationnelle – interculturelle, favorable au renforcement de la gauche.

L’une des conditions de possibilité de cette nouvelle articulation des espaces consiste en la révision des accès et du renouvellement des mandats au sein de la gauche politique, afin que les élus puissent garder un lien étroit avec les réalités.

« Les responsables politiques élus légitimement ont en charge l’arbitrage et les décisions attenant au projet politique. Toutefois, pour que le rapport de force entre des projets ‘de gauche’ et des projets davantage liés aux couches favorisées puisse se déployer, ces mandataires ont besoin de s’appuyer sur des groupes sociaux mobilisés, qui sachent définir où sont leurs intérêts et leurs exigences, avec une intelligence collective qui garantit une validité (rigueur de l’analyse et des démarches) et une légitimité (respect des principes démocratiques, de la justice sociale et du Nous Tous). »

La possibilité de transformer les projets en réalisations et de faire correspondre celles-ci aux besoins des citoyens n’est possible que via une interaction dynamique entre la gestion et la politique au sens premier du terme (engagement plutôt que gestion technicienne) et ce afin d’éviter une pratique politique tendant à l’enlisement et à l’immobilisme.
« Le rapport à l’État (et à ses différents niveaux) ainsi que le rapport à l’Europe et à d’autres instances internationales est au centre d’un projet politique de gauche ».
Pour défendre des services publics accessibles à tous et de qualité, une juste redistribution des richesses, et donc une politique fiscale forte et assumée, « il faut que les responsables soient constamment nourris par l’expression quotidienne des difficultés vécues et des exigences légitimement défendues par les différentes couches sociales et en particulier par les plus défavorisés ».

En ce qui concerne le quatrième axe, à savoir la pratique « éducative », il est important d’en élargir le sens car l’éducation populaire n’est justement pas d’abord une pratique pédagogico-éducative ; elle recouvre un ensemble d’espaces collectifs, de lieux de paroles, de manifestations, … qui à travers des méthodologies précises en continuelle invention permettent à un plus grand nombre possible d’acteurs sociaux, en particulier des acteurs fragilisés ou opprimés, d’investir l’espace public : se positionner comme source conflictuelle d’exigences à l’égard des partis souhaitant les soutenir, exigences portant sur le projet politique à défendre et la conception de l’État à déployer. Un des axes de force de l’éducation populaire, c’est la déconstruction critique de tous les dogmes et enfermements, des catégories de la pensée dominante, des manipulations consuméristes et des différentes marchandisations ou instrumentalisations de la vie. C’est la résistance critique !


Conclusion

Cette réflexion approfondie sur les causes de l’affaiblissement de la gauche et les moyens à mettre en œuvre pour lui redonner vigueur nous amènent à mettre en avant la nécessité d’articuler les différents espaces d’expression et d’action provenant du public dans toute sa diversité, que ceux-ci soient politiques, associatifs, syndicaux, mutualistes,…

Une des urgences pour la gauche est donc de mobiliser et de soutenir sur le terrain un maximum d’acteurs médiateurs susceptibles de travailler avec les groupes sociaux en difficulté. Il faut leur proposer des démarches et des processus qui leur rendent confiance, qui leur permettent d’exprimer (dans des registres culturels propres) des visions du monde et qui leur donnent au passage les outils d’analyse, de créativité et d’action nécessaires pour participer concrètement aux rapports de force et aux négociations en vigueur.

Actuellement, un certain nombre d’associations dans l’éducation permanente, d’initiatives nouvelles et de structures syndicales jouent ce rôle, mais en étant insuffisamment reconnus par les partis qui sont surtout centrés sur la conquête de l’État, et en ne disposant pas de repères légaux adaptés (cf le nouveau décret sur l’éducation permanente). De même, l’articulation entre ce travail de base et la réflexion d’intellectuels engagés est insuffisante aujourd’hui.

La mise en commun au niveau local de ces dialogues et la mise en œuvre de pratiques innovantes et alternatives ne peut avoir de réel impact au niveau global que si elles sont relayées constamment entre les pôles politique et public. Il est donc essentiel de créer des ponts réels entre les acteurs de notre société et ce, principalement, en encourageant et en relayant en termes de décisions politiques non seulement les initiatives et revendications venant de la base, mais également les rapports et constatations des mandataires politiques qui travaillent quotidiennement sur le terrain.

Il est aussi important de prendre en compte le besoin qu’ont les représentants politiques, ainsi que les travailleurs syndicaux et associatifs, d’être formés en permanence et maintenus en contact avec les réalités socio-économiques des différents publics composant notre société. Cela permettra d’accroître leur capacité d’écoute et d’engagement, et d’acquérir ainsi la capacité de formuler un projet clair et cohérent tout en fortifiant une base sociale solide, via une gestion publique intelligente.

Il est par ailleurs nécessaire et urgent de renouer avec les autres luttes progressistes qui essaiment dans le monde, la gauche perd beaucoup de son influence dans un grand nombre de pays d’Europe et reprend par contre vigueur dans d’autres points du globe. Des alliances sont donc nécessaires et urgentes avec ceux qui, dans des pays tiers, luttent également pour une réaffirmation des valeurs de gauche, pour un projet politique qui prône les avancées sociales et économiques nécessaires à la stabilité d’une démocratie (respect des droits fondamentaux, redistribution des richesses, renforcement de l’économie locale, développement et fortification de services publics de qualité et accessibles à tous, fiscalité juste et proportionnelle, etc.).

Au départ de cette interpellation, nous allons dans les semaines et les mois qui viennent proposer, et multiplier, les initiatives et les invitations aux élus et responsables de la gauche pour réfléchir, débattre et construire un projet politique. Fidèles à notre volonté d’investir dans un travail d’Education populaire, nous irons à la rencontre des publics en espérant y être rejoints par les responsables politiques.



« Evidence de la gauche », un collectif liégeois de citoyens engagés

Hassan BOUSETTA, Majo HANSOTTE, Angelo ANTOLE, Marc JACQUEMAIN, Jean-Pierre HUPKENS, Jean-François RAMQUET, Jean-Marc BOURDOUXHE, Geoffrey FRANCOIS, Thierry BASOMBOLI, Myriam SOMMER, Marie-Jeanne OMARI, Jérôme JAMIN, Liliane BAUDART, Alice MINETTE, Guillaume KERKHOFS, Véronique DE KEYSER, Pierre HELDENBERGH, Stéphanie ARDU, Jean-Paul BONJEAN, Mehmet AYDOGDU, Georges DENEF, Laurent REA-FUENTE, Dominique DAUBY, Véronique DE KEYSER


[1] Les citations reprises dans ce chapitre et dans la conclusion sont tirées des réflexions de Majo Hansotte sur l’éducation populaire et son rôle dans les enjeux politiques actuels.